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vendredi 20 juillet 2007

"Days", James Lovegrove

James Lovegrove est l'une des figures de proue de la nouvelle SF britannique. En une poignée de romans et de nouvelles, il a imposé son regard inventif et critique sur le monde contemporain. Dans cette satire du consumérisme, il ressuscite l'anticipation, dans la tradition de George Orwell, avec l'efficacité implacable de films comme Cours, Lola, cours ! et Magnolia.

"Chez Days, vous pouvez tout acheter : un livre rare, un tigre albinos, les filles du rayon Plaisir. Tout... pourvu que vous disposiez de la somme sur votre carte de crédit.
Car Days est le plus grand magasin du monde, presque une ville, sur laquelle règnent sept étranges frères dont les noms sont les jours de la semaine.
Ce matin, Frank a décidé de démissionner. Il travaille chez Days, à la sécurité, il a le permis de tuer. Mais il ne peut plus se voir dans un miroir? C'est dit, ce sera son dernier jour.
Au contraire, Linda vient enfin d'obtenir sa carte Days et a hâte de jouir de son nouveau droit d'acheter.
Un jour comme les autres... ou presque. Les rayons Livres et Informatique se déclarent une guerre sans merci pour garder leur espace. La vente flash au rayon Cravates fait des blessés. Des individus sans histoire se croisent et se percutent . Il suffit d'un grain de sable dans les rouages d'une vie pour basculer dans le drame.
C'est un jour de la vie de ces gens-là que raconte Days, minute par minute. Des gens qui vivent dans un supermarché. Comme vous ?"

L'auteur de ce livre s'interroge habilement sur les dérives consuméristes de notre société. Et une fois la dernière page tournée, on ne peut que se poser de nombreuses questions (certes récurrentes) : Consommons-nous en trop grande quantité, des tas de choses dont nous n'avons aucun besoin ? Jusqu'où, en tant que consommateurs, pouvons-nous aller pour se procurer ce qui nous fait envie ?
Un roman très intéressant, bien écrit et se terminant sur une note ironique.

samedi 14 juillet 2007

Le labyrinthe de Pan

En allant à la projection de ce film (il y a un petit moment déjà...), nous nous attendions à tout sauf à ce que nous avons vu.

Espagne, 1944. Fin de la guerre.
Carmen, récemment remariée, s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste.
Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu'elle n'est autre que la princesse disparue d'un royaume enchanté. Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves...

Au final, un film bien glauque et plutôt sanglant (les scènes du meurtre du chasseur et l'ogre affamé sont assez explicites) qui rend un hommage particulier aux contes de fée. Certains pourraient être choqués par cette violence et crier au scandale alors qu'il aura fallu évacuer de la salle de cinéma les petits mioches en pleurs qui croyaient voir un énième conte Disney bien propre sur lui.

Mais à bien y réfléchir, ces contes, qui nous ont tous plus ou moins bercés - que l'on lit même dans certaines classes de maternelle et de cours préparatoire - sont d'une violence inouïe pour de jeunes enfants. On y croise des ogres mangeurs d'enfants, des monstres impitoyables, des loups affamés et même des parents qui se débarassent eux-mêmes de leur progéniture !

Tout ce réalisme assez "gore", bien loin des paillettes et des sucres candy, est supplanté par les horreurs du monde réel alors qu'il est entre les mains des dictateurs et des fanatiques.

Une oeuvre magistrale.

mardi 10 juillet 2007

"Des milliards de tapis de cheveux", Andreas Eschbach

Des milliards de tapis de cheveux (titre original : Die Haarteppichknüpfer) est un roman de science-fiction composé de dix-sept chapitres et d'un épilogue de l'auteur allemand Andreas Eschbach paru en 1995.
De prime abord, le titre bizarre de ce roman a de quoi destabiliser ; mais il faut passer outre pour apprécier la teneur de cette histoire surprenante.

"Quelque part aux confins de l'Empire, sur un monde oublié de tous... une petite planète apparemment anodine. Sauf que, depuis des temps immémoriaux, les hommes s'y livrent à une étrange occupation : tisseurs de père en fils, ils fabriquent des tapis de cheveux destinés à orner le Palais des Étoiles de l'Empereur. Pourtant, une étrange rumeur circule. On raconte çà et là que l'Empereur n'est plus. Qu'il serait mort, abattu par des rebelles. Mais dans ce cas, à quoi peuvent donc servir ces tapis ? Et qui est cet homme si étrange qui prétend venir d'une lointaine planète ? Lui aussi affirme que l'Empereur est mort..."

Ce livre, construit comme un recueil de nouvelles, est génial. Chaque chapitre illustre un pan de cet univers si particulier, confrontant les points de vue, que ce soient les ignorants dévoués à leur cause, ou encore les fanatiques du dogme impérial, en passant par les rebelles qui cherchent à tout prix à connaître la vérité sur cette tradition séculaire...

Franchement, ce livre, de par l'ingéniosité de son auteur et ses talents de conteur, est une merveille. Le suspens est incroyable et il faut lire jusqu'à la dernière ligne pour enfin comprendre le secret de ces tapis de cheveux...

Superbe !

lundi 9 juillet 2007

Les fils de l'homme

Dans la série "je me fais discret mais c'est pour mieux vous surprendre", voici Les fils de l'homme (Children of men), un excellent film d'anticipation d'Alfonso Cuaron.


"Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l'annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte - un fait qui ne s'est pas produit depuis une vingtaine d'années - et devient par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Un homme est chargé de sa protection..."




La première chose qui frappe, c'est le réalisme des images. Filmé caméra au poing, on est d'emblée dans l'histoire, saisi par l'environnement froid et désespéré de ce monde. Le monde est en crise et les réfugiés affluent en masse dans une Angleterre seule rescapée du chaos. Les hommes ne se reproduisent plus. Sans future génération, sans rien à transmettre, à quoi bon continuer ? La violence prend le pas sur la raison et on ne peut que sursauter au son des coups de feu et des explosions.


Alors qu'à la lecture du synopsis on pourrait s'attendre à un héro sans peur et sans reproche à la sauce Bruce Willis, nous suivons les déboires d'un homme troublé, seul et désespérément triste. Un homme auquel nous pouvons sans mal nous identifier car, à la manière d'un bouquin écrit à la 1ère personne, nous parcourons avec lui les méandres d'une histoire à la crédibilité sans faille.
Car, oui, si ce film touche et remue les tripes, c'est bien parce que nous y voyons un futur possible pour notre monde. Un futur où l'extrémisme, le sectarisme et la xénophobie auront les pleins pouvoirs.


Un vrai reportage de guerre, voilà ce qu'est ce film lorsque l'on franchit les murs épais des camps de réfugiés et que nous sommes pris dans une guerilla urbaine plus vraie que nature. Les tirs de mortier explosent des immeubles entiers et avec le héro, on assiste, impuissants, au massacre d'innocents tout en se planquant du mieux que l'on peut.
Mais tout n'est pas noir dans ce film et l'émotion prend bien souvent le pas sur l'angoisse. Les personnages incarnés par des acteurs au top de leur forme (Michael Caine est énorme) sont profonds et c'est avec tristesse et compassion que l'on suit leurs (més-)aventures.


En bref, ce n'est pas un film qui s'explique ou se commente. C'est une oeuvre cinématographique "qui se vit", de l'intérieur.

Un film génial en somme.

jeudi 5 juillet 2007

"La neuvième vie de Louis Drax", Liz Jensen

"Demandez un peu à ma maman si c'est drôle d'avoir un fils qui collectionne les accidents. Elle vous dira que non. On n'arrive pas à dormir, parce qu'on se demande comment ça va finir. On voit le danger partout et on se dit Il faut le protéger, il faut le protéger. Mais parfois on ne peut pas. "
Louis, neuf ans, enfant précoce et perturbé, victime d'accidents à répétition, est tombé d'une falaise lors d'une promenade en famille. Sa chute était-elle vraiment un accident ? Déclaré cliniquement mort, il ressuscite à la morgue d'un hôpital français. Personne ne comprend ce qui a pu se passe, jusqu'à ce que Louis commence à raconter les événements...

"Pour tous ceux qui pensaient ne jamais retrouver un roman comme La nostalgie de l'ange ... Tour à tour comique et touchant, haletant et captivant, et finalement bouleversant." Kirkus Reviews

"Un meurtre énigmatique, un sombre secret de famille, une pointe de surnaturel et une intrigue fascinante... tous les ingrédients d'un best-seller." The Guardian

J'ai vraiment aprécié la manière dont cette histoire nous est racontée. On arrive ainsi à s'infiltrer dans la tête d'un garçon de 9 ans mais également dans celle du docteur qui va suivre son cas. C'est vrai qu'il est à la limite du surnaturel mais ça reste possible ! Franchement captivant, les personnages se dévoilent au fil de la lecture et nous font partager leurs doutes...

mercredi 4 juillet 2007

"Je suis une légende", Richard Matheson

Je suis une Légende (titre original I am Legend) est un roman de science-fiction de l'auteur étatsunien Richard Matheson paru en 1954.
Fan de science-fiction, je ne pouvais pas passer à côté de ce classique qui aborde les thèmes du vampirisme, de la contamination bactériologique, de la survie dans un monde apocalyptique, ...

"Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l'abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil... Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu'aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.
Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l'ultime survivant d'une espèce désormais légendaire."

Une seule chose à dire sur ce livre : excellent !
C'était la 1ère fois que je lisais un roman ayant pour thème les vampires. J'avoue que j'avais un peu peur de tomber sur un remake de Bouffi ou de Blade... Je n'ai pas été déçu.
Ce livre est un véritable conte mélancolique, où le désir de survivre transcende la peur du changement... Un changement on ne peut plus radical tout de même !
Au-delà du mythe du vampirisme, je vois cette oeuvre comme une métaphore du changement de mentalité des sociétés. Ce dernier survivant symbolise pour moi le représentant d'un ancien monde amené à disparaitre, remplacé par une société déshumanisée et violente... Enfin, c'est l'impression que j'en ai eu.
Et puis, j'adore les bouquins qui me tiennent en haleine et qui me font cogiter grâve une fois terminé.
C'est vraiment excellent.
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